Soirée Souvenirs: Récit du voyage au Rwanda

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A notre retour du Rwanda, nous avons souhaité partager l'incroyable expérience que nous avons vécue l'été passé. Nous voulions raconter nos souvenirs à tous ceux que cela pourrait intéresser, en particulier les personnes qui nous ont soutenues et qui ont rendu notre voyage possible.

En effet, faire un voyage d’entraide et de partage est une aventure qui marque profondément les cœurs. Ayant eu la chance de passer près d'un mois en Afrique, nous tenions à remercier toutes les personnes qui ont été importantes à chaque étape du projet. C'est dans cette optique que la Soirée Souvenirs - Récit du Rwanda a été planifiée. 

Découvrez ci-dessous le récit de notre voyage au Rwanda tel que nous l'avons conté le dimanche 3 novembre 2013 au Temple du Bas. 

 


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Mise en Scène (Tous)

Une rangée de chaises en demi-cercle et un écran pour la projection des photos illustrant les récits - c'est ainsi que se présentait la scène lors de la Soirée Souvenirs. A tour de rôle, chacun des participants au voyage a lu un texte traîtant d'un sujet particulier lié à notre expérience. Allant de l'histoire du génocide à la nourriture en passant par le récit du jour où nous nous sommes retrouvés face à un éléphant au parc Akagera, les textes tentaient de donner une image globale du voyage et ont été rédigé (du moins en partie) par leurs lecteurs. A la suite de la présentation des souvenirs, les auditeurs ont pu poser leurs questions (elles ont été retranscrites ici) et la soirée s'est terminée autour d'un apéritif. 

Tous les fragments d'une histoires sont reliés entre eux par un fil rouge conducteur. Celui-ci sert de repère parmi les aventures disparates vécues au Rwanda. Il nous rattache entre nous, tissant des liens toujours plus serrés. Lors de la lecture de notre récit, nous avons voulu symboliser ces liens à travers les interventions d'Alicia et, visuellement, à l'aide d'une grosse pelotte de laine rouge passée entre les participants. A chaque prise de parole, une nouvelle attache était ainsi formée au sein d'une grande toile d'arraignée, matérialisant la constellation de relations et d'expériences vécues au cours du voyage.

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Accueil  (Noémie Guggisberg)

Mesdames et Messieurs, Bonsoir à tous et à toutes,

Nous sommes très heureux de vous accueillir à cette soirée pour vous présenter le voyage et les magnifiques moments que nous avons passés au Rwanda cet été.

En nous engageant dans le projet il y a plus d’une année, nous n’imaginions pas l’ampleur de l’organisation que cela représentait. Mais grâce à la motivation de l’ensemble du groupe, nous avons pu réaliser différentes actions pour récolter des fonds afin de concrétiser notre projet et de renforcer les liens de notre groupe. Et si tous ces moments ont étés si fructueux, c’est grâce à vous ! Ce soir, nous souhaitons revenir sur cette expérience, afin de vous témoigner notre reconnaissance et vous laisser prendre part à l’aventure dans son entier.

Une fois cette importante partie de pré-voyage aboutie, nous avons enfin pu partir au Rwanda ! A la mi-juillet 2013, avec l’Aumônerie de Jeunesse, nous nous sommes envolés pour ce voyage humanitaire. 3 semaines intenses que l’on n’est pas prêts d’oublier !

Partir en voyage humanitaire en groupe c’est chouette, mais quand l’ambiance du groupe est géniale et que les participants peuvent à la fois être sérieux, amusants, fantastiques et motivés, c’est encore mieux !

Ces 3 semaines ont été rythmées par des méditations avec les jeunes rwandais du CPAJ, le Centre Presbytérien d’Amour des Jeunes, le travail sur un chantier, les repas avec les rwandais, les cultes en kinyarwanda, et tant d’autres souvenirs que nous allons vous partager maintenant.

Nous sommes rentrés de ce voyage l’esprit plein de souvenirs, des magnifiques rencontres que nous avons faites là-bas ainsi que des merveilleux moments d’échange et de partage avec les jeunes du CPAJ.

Nous espérons que vous serez transportés avec nous lors de cette présentation, et que vous ressentirez toute l’émotion vécue lors de ce voyage… Il y aura un moment à la fin de notre récit pour laisser place à vos éventuelles questions. Et nous vous invitons à rester ensuite pour savourer un verre de l’amitié tous ensemble !

Merci à vous tous et bonne soirée !

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Avant de commencer le récit à proprement parler, il nous semble important de refaire un petit résumé de notre investissement. En effet, nous sommes partis à 18 jeunes, accompagnés de deux pasteurs de notre paroisse et d’un médecin pour trois semaines au Rwanda. Mais avant cela, comme l’a dit Noémie, nous avons eu une longue préparation, à laquelle vous avez participé !

Pour faire un bref rappel, après le voyage de l’Aumônerie de Jeunesse en Arménie en 2010, le projet était de repartir. Mais nous voulions faire encore plus, faire une action qui puisse s’inscrire dans une continuité. C’est ainsi que nous prenions contact avec le DM- échange et mission, qui nous a énormément soutenu et nous a proposé un projet au Rwanda.

Le travail en amont de ce voyage était imposant : cela commençait en aout 2012, ou nous avions récolté plusieurs centaines de francs avec une course-relai sponsorisée. Puis, en décembre 2012, nous récoltions plus de 10'000.- avec nos quatre représentations de la pièce de théâtre « le Prix des rêves » ! En mars 2013, et grâce au soutien de talentueux musiciens, c’est plus de 6'000.- que nous ajoutions dans nos caisses avec un concert dans cette salle ! Et en mai, lors de notre souper de soutien, nous avons récolté près de 2000.-. En plus de cela, l’aide de généreux donateurs mais également marchés, tombolas, vente de DVD, de cartes postales etc. nous ont permis d’arriver à boucler notre imposant budget de plus de 50'000 francs !

Cette soirée, elle est pour vous, pour vous dire : MERCI !

Rwanda1 1 Diverses activités que nous avons réalisées pour la récolte de fonds

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Le Rwanda en tant que pays (Marilyne Putallaz)

La république de Rwanda est un pays d’Afrique de l’Est, qui possède des frontières avec, au nord l’Ouganda, à l’est la Tanzanie, au sud le Burundi, et à l’ouest la république démocratique du Congo.

La population totale du Rwanda est d’un peu plus de 11 millions d’habitants et se situe avec cela comme le pays le plus densément peuplé d’Afrique continentale avec 430 habitants par km2. La comparaison avec la Suisse est également intéressante : Le Rwanda est environ deux fois plus petit que la Suisse et pourtant, environs 4millions d’habitants supplémentaires ! La capitale, Kigali, est située au centre du pays.

(Alicia Bärtschi) 

Ce qui nous a fait beaucoup rire, c’est que les rwandais, devant sans cesse élargir les frontières de la ville de Kigali, qui est en expansion rapide, ont fini par décider de placer les frontières de la ville à une bonne distance. Ainsi, ici, nous sommes à Kigali  et ici, et bien aussi.

(Marilyne Putallaz)

Le Rwanda est appelé le « Pays des mille collines » a cause de ses nombreux reliefs. On se serait même parfois cru en Suisse ! Les paysages sont très variés, puisqu’au nord se trouve une chaîne de volcans qui s’élèvent entre 3500 à 4500 mètre, à l’est se trouvent les savanes de l’Akagera, au sud-est les marais du Bugesera,  et au sud-ouest le grand massif forestier de Nyungwe (écrin de la source du Nil) et à l’ouest par le magnifique lac Kivu.

Le Rwanda est situé juste sous l’équateur, mais il a un climat très agréable avec des températures moyennes de 18-20 degrés, dues au fait qu’il est en haute altitude. Nous n’avons donc pas eu trop chaud, ni trop froid ! La grosse différence avec la Suisse, c’est qu’il ne fait pas froid la nuit.

(Alicia Bärtschi) 

Nuit qui d’ailleurs, dure 12 heures de temps. Comme on nous l’a dit : « Ben oui, 12 heures de soleil, 12 heures de nuit ! »

(Marilyne Putallaz)

Le pays ne manque ni d’eau, ni de pluie, car les nombreuses forêts maintiennent des réserves d’eau qui alimente les rivières aux périodes sèches de l’année.

Au niveau de la langue, les rwandais n’ont pas plusieurs dialectes comme dans la plupart des pays africains, ils parlent tous le kinyarwanda. En plus de cette langue, le français était également langue officielle depuis la présence belge au début du 20ème siècle. Après le génocide cependant, l’anglais a remplacé le français, afin d’aligner le pays avec les USA. Depuis 2010, l’anglais est devenu la seule langue d’enseignement public.

La culture traditionnelle rwandaise est liée à celle des populations de l’Afrique des grands lacs. La croyance traditionnelle et la foi en un Dieu unique et sensible à leur condition, ainsi que les récits oraux, la langue et les proverbes, les chants, les tambours et la danse tiennent une grande place dans cette culture.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Avant de passer à la suite de la présentation de ce pays avec lequel nous avons fait connaissance, encore quelques petites infos en vrac : 

Le Rwanda est dirigé par Paul Kagame, président depuis 2000 et élu au suffrage universel.

Le Rwanda est membre de l’ONU, de l’Union africaine, depuis 2007.

La date de l’indépendance du Rwanda est le 1er juillet 1962.

L’économie du Rwanda est principalement marquée par sa forte dépendance de l’agriculture.

Un franc Suisse vaut environ 740 francs Rwandais.

Le décor du Rwanda est ainsi planté. Mais ce n’est pas tout. En 1994, un événement funeste  frappe le peuple Rwandais. Nous souhaitons vous l’expliquer avec nos mots, car cela a fortement marqué tout notre voyage, nos contacts ainsi que, je crois que je peux le dire au nom de tous, notre vision de la vie. Nous estimons important de partager l’histoire des gens que nous avons rencontrés, c’est ainsi que nous allons faire un peu d’histoire avant de passer au récit effectif de notre voyage. 

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Histoire du génocide rwandais (Jules Aubert, lu par Maëlle Bader)

La vision idyllique que l’on peut se faire de ce pays au premier abord n’est pas représentative de la dure vie qui fut celle de toute une population pendant plus d’un siècle. En effet nous avons pu nous rendre compte en visitant le mémorial de Kigali. Celui-ci est destiné à rendre hommage à toutes les victimes du Génocide et à informer les gens du triste passé du Rwanda.

Pour un peu mieux comprendre, je vous propose de revenir à la fin du XIXème siècle, plus précisément en 1885. Au cours de la conférence de Berlin, qui réunit les grandes nations européennes soucieuses de se partager l’Afrique, le Rwanda est attribué à l’Allemagne. Il s'agira d'une période relativement courte puisque la défaite de 1918 obligera l'Allemagne redistribuer ses colonies. C’est ainsi la Belgique qui hérite du pays dit « des mille collines ». Les colons belges vont instaurer une politique coloniale en ignorant toutes les coutumes du pays, ce qui aura comme grave conséquence une partition de la population en deux catégories que l'on finira par considérer, à tort, comme deux ethnies différentes.

Quelques explications sur cette séparation ethnique s’imposent : il faut savoir qu’il existe, dans ce pays, trois groupes humains, qui n'ont en commun qu'un certain mode de vie obéissant aux règles d'une société traditionnelle. Le premier groupe est constitué des Twas et représente environ 1% de la population seulement; il s'agissait à l'origine de chasseurs et de cueilleurs. Le deuxième groupe,   constitué des Hutus, est nettement majoritaire (environ 80% de la population) et rassemble les agriculteurs. Le troisième groupe, quant à lui, est constitué des Tutsis (un peu moins de 20% de la population) rassemble les éleveurs de vaches.

Dans les sociétés traditionnelles, le fait d'avoir des vaches était une preuve de richesse. C'est pourquoi les Tutsis furent considérés comme la classe la plus aisée. Il ne s'agissait toutefois que d'une catégorie socio-économique à laquelle on pouvait accéder au gré des circonstances personnelles. En effet un Hutu pouvait très bien faire de bonnes affaires et ainsi devenir Tutsi. Inversement, un Tutsi pouvait essuyer des revers de fortune et redevenir Hutu. La décision des autorités belges d'inscrire l'appartenance sociale sur les documents d'identité eut pour conséquence de geler une situation qui était jusque-là évolutive. Les Tutsis devinrent dès lors une classe dirigeante fermée fut une source de tensions, aggravée par l'affirmation, dénuée de fondement objectif, que ces trois ethnies s'appuyaient sur des différences physiques aisément reconnaissables.

Il en résulta qu'une population qui avait jusque-là vécu en bonne intelligence, parlant la même langue et partageant les mêmes coutumes et la même religion, commença à se diviser selon un processus qui devint irréversible. Les Hutus en ressentir à l'égard des Tutsis un sentiment de haine dont on allait pouvoir mesurer les tragiques conséquences.

Tant que l'autorité coloniale gardait la situation en main, un certain équilibre se maintenait. Dès l'indépendance cependant, en 1962, on assista à un exode massif de la population tutsi.

En 1990, les Tutsi exilés depuis des décennies essayèrent de regagner le Rwanda en organisant un coup d’Etat. Dès ce moment, la tension qui régnait entre Hutus et Tutsis est décuplée et l’on sent qu’une guerre civile est sur le point d'éclater. Les radios locales, en particulier, créent une idéologie raciste qui prône une société sans Tutsis. Le 6 avril 1994, l’avion du président Habyarimana est abattu par des missiles. C’est cet évènement qui met le feu aux poudres. En effet à ce moment-là les rumeurs courent que ce sont les forces rebelles tutsis qui sont responsables de l'attentat. Dès le lendemain, un massacre minutieusement organisé est lancé afin d’exterminer toute la population tutsi vivant au Rwanda. En moins de trois mois près d’un million de Tutsis sont massacrés dans tout le pays. Des Hutus résistants ayant caché des Tutsis chez eux pour les sauver furent également massacrés.

Abandonné de tous les pays occidentaux, le peuple rwandais vécut trois mois dans une terreur constante. L’ONU, qui avait pourtant envoyé des casques bleus, ne donna jamais l’ordre d’intervenir militairement. La Belgique alla même jusqu'à retirer toutes ses troupes dès lors que six de ses soldats trouvèrent la mort.

A la fin du Génocide, les communautés villageoises mirent en place des tribunaux ruraux, les "Gacacas", formés de juges laïcs au bénéfice d'une formation élémentaire, dans le but de juger les responsables des massacres qui se comptaient par milliers. Les principaux coupables hutus furent quant à eux jugés notamment par des juridictions internationales.

Aujourd’hui, le Rwanda se reconstruit petit à petit, en optant pour une politique de réconciliation. Le courage de ce choix est à saluer puisque cela ne fait que vingt ans qu’a eu lieu ce terrible génocide. Certains rescapés Tutsis vivent à côté de Hutus dont ils savent qu’ils ont tué des personnes de leurs familles ou des amis. La force de caractère dont fait preuve le peuple rwandais ne peut que susciter l'admiration et constitue une magnifique revanche sur cette page sombre de son histoire.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Voici donc une partie, chargée, de l’histoire du Rwanda. Ce soir, nous vous avons d’abord présenté le Rwanda avant de parler du but de notre voyage. Il faut le dire, c’est également ainsi que nous avons fait connaissance avec ce pays. Avant de travailler, nous avons passés les premiers jours à la découverte du pays aux mille collines, …

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Découverte du pays, les 4 premiers jours (Florent Bader)

Après un voyage en avion durant lequel nous avons eu largement le temps de prévoir ou ne serait-ce qu’imaginer ce qui nous attendait, nous découvrions enfin le Rwanda. Les premiers pas dans ce nouveau pays nous déboussolèrent. Nos visages d’habitude si rieurs et plein d’entrain, était alors empli d’un mélange de joie, de crainte, d’impatience et d’émerveillement. Une explosion d’émotion ! Après avoir lancé un regard bref vers nos collègues pour nous assurer que le choc était partagé, nous admirions l’aéroport. Au revoir le « Dutyfree » gargantuesque rencontré au Qatar. Ici, nous nous contenterons d’un kiosk. Les garçons pleuraient les belles hôtesses, les filles les multiples magasins, mais tous furent vite rassuré par les étiquettes affichants des prix plus qu’alléchant. Cesse de stéréotypes, nous étions bel et bien au Rwanda !

Hors de l’aéroport nous pouvions enfin voir à quoi ressemblait la capitale, cette fois ce n’était ni en photo ni à travers un hublot quasi opaque, c’était réel. Nous étions encerclés par de petits monticules. Le pays aux mille collines semblait déjà nous en offrir 900. 900 étant également le nombre de Toyota dans le parking. Fan de voiture en tout genre le Rwanda n’est définitivement pas pour vous.

A peine arrivée nous partions déjà pour découvrir « Isano » accompagné d’Eustache et de Cyprien.

(Alicia Bärtschi) 

Pause ! Cyprien, c’est le directeur du centre dans lequel nous avons travaillé. Quant à Eustache, c’était le directeur administratif de l’Eglise Presbyterienne du Rwanda, c’est lui qui, en partenariat avec le DM-échange et mission, nous a aidé à organiser le voyage ! Je dis c’était, car aujourd’hui il est à Neuchâtel, afin de continuer ses études !

Rwanda2Les rwandais Cyprien (directeur du CPAJ) et Eustache (EPER) et le pasteur Constantin Bacha

(Florent Bader)

Une fois arrivés à Isano, nous répartissions les chambres, faisions un tour des lieux, et allions déjeuner. Premier contact avec la nourriture Rwandaise ? Eh bien non. Premier contact avec les fameuses omelettes des cuisinières qui nous seront offertes tous les matins pour notre plus grand plaisir.

Une brève visite de Kigali nous a permis de nous familiariser avec les marchands négociateur plutôt difficile à convaincre, les centres commerciaux déserts, la police vigilante et les enfants footballeur à temps plein. Nous découvrions avec joie ce qui allait être notre quotidien pendant les trois semaines suivantes. Après cette journée pleine d’émotion il était temps d’aller se reposer, la tête déjà remplie de souvenirs, et ce n’est que le début !

Le lendemain une grosse journée nous attendait : Méditation, visite d’école, mémorial et enfin Fiesta. Reprenons dans l’ordre ; la méditation était à l’EPR (l’Eglise presbytérienne du Rwanda). Nous étions en présence d’un grand nombre de personne liées à l’Eglise qui nous ont offert un accueil chaleureux grâce à de sincères salutations et de nombreux chants. Le choc culturel nous a valu quelques rictus incontrôlés pendant ce moment de recueillement. Mais le temps presse ! Et nous voilà déjà en route pour Remera-Rukoma : un groupe scolaire qui entreprend un sublime projet de Bio-gaz à 14 millions de francs !... 14 millions de francs Rwandais, nous aussi on s’est fait avoir. Dans cette école les enfants venaient à notre rencontre avec un enthousiasme contagieux et bien vite les conversations se sont enchaînées avec entrain. Cette visite fut close par la visite de leur propre petit mémorial dédié aux pasteurs décédé dans ce lieu en 1994.

Nous avons tout de suite enchaîné avec un autre mémorial. Plus grand cette fois-ci, celui de Kigali. C’est une grosse claque que nous prîmes dans la face. Nous avions déjà vu tant de sourires, de générosité et là nous nous sommes retrouvés face à l’histoire chargée du pays. Et même au-delà : l’histoire vécu par toutes les personnes rencontrées.

Pour nous remettre de nos émotions Eustache nous a emmenés dans un bar qu’il connaissait bien. Certains furent déboussolé de ne pas retrouver notre feldschlösschen nationale, mais furent vite rassuré par la saveur des bières du Rwanda, d’Ouganda ou encore du Nigeria. Les autres s’essayèrent aux différentes sortes de Fanta, comme le Fanta violet (fortement déconseillé). Juste le temps de faire deux pas de danses et nous repartons pour Isano, le centre ou nous dormions.

Le lendemain matin, réveil à 6h30 ! 6h30… On repartait à l’aventure dans notre minibus, avec au volant notre chauffeur adorée ; Omar ! De longues heures de route nous emmenèrent au Lac Kivu. Arrivée la bas, nous n’en croyions pas nos yeux : Paysage idyllique, chambre magnifique, restaurant. Un endroit plus propice à un voyage de noces qu’à un séjour humanitaire. Au programme : baignade, chant, souper. Tout pour rendre une soirée inoubliable.

Rwanda7Idylle au bords du lac Kivu (à l'ouest du Rwanda)

Mais toutes les bonnes choses, tout comme les très bonnes choses ont une fin. Le lendemain nous repartions déjà, jetant un dernier regard en arrière vers ce qui avait été le temps d’une journée notre petit paradis. Nous nous dirigions vers Rubengera où nous arrivons pile à l’heure pour le culte de 9h, c’est à dire à 9h30.

Rwanda3Coeur d'enfants au culte à Rubengera

A la suite du culte, nous avons été invités à l’inauguration d’une école technique. Les battements de tambours nous impressionnent, nous émeuvent, nous plaisent, nous lassent, nous tapent un peu sur les nerfs.

Rwanda4Tambours traditionnels rwandais à la cérémonie d'inauguration de l'Ecole technique de Rubengera

Ajouté à cela l’ambiance un peu guindée, nous décidons alors de quitter cette cérémonie solennelle, pour aller à la rencontre d’enfants qui, pas sans faute d’avoir essayé, n’arrivaient pas à faire fléchir la vigilance des gardes pour entrer dans cette fête barricadée. A l’extérieur, ces enfants nous exposèrent leurs plus belles figures acrobatiques. A notre tour nous essayons de les impressionner avec les quelques chants de notre répertoire. Et là encore, c’est eux qui vont nous épater avec leurs capacités à articuler les paroles dans une langue qui n’est pas la leur.

Rwanda5Jeux avec les enfants des environs

L’après-midi fut consacré à la visite d’un orphelinat dirigé par les sœurs de la région. A peine le temps d’admirer les petits bout’chous et nous repartons pour Isano. Car demain, c’est le grand jour : la découverte du CPAJ !

Rwanda6Visite de l'orphelinat

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Nous arrivions enfin au but de notre voyage, la rencontre avec les jeunes avec qui nous allions travailler !

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Le CPAJ (Juliane Neuhaus)

Le but de ce voyage était avant tout de partager le quotidien de Rwandais. Nous souhaitions découvrir leur culture et y apporter notre menue contribution. Cela s’est fait avant tout au Centre d’Accueil de jeunes de la rue parrainé par l’Eglise Presbytérienne au Rwanda : le CPAJ. Toutes les journées que nous y avons passées aux côtés de jeunes rwandais nous ont durablement marqués.

Le Centre Presbytérien d’Amour des Jeunes – ou CPAJ pour les intimes - a vu le jour suite au génocide de 1994. En raison des événements tragiques, le nombre d’enfants des rues avait alors considérablement augmenté. C’est la suissesse, Danielle Robertson, qui est à l’origine de la création de ce centre. Elle l’a mis sur pied avec le soutien de l’EPR (l’Eglise Presbytérienne au Rwanda). Il a été construit dans un quartier du sud de Kigali appelé Kicukiro.

(Alicia Bärtschi) 

A l’origine, c’est dans ce quartier que se trouvait la déchetterie de Kigali. C’était donc un lieu stratégique pour placer une centre d’accueil car les jeunes de la rue allaient fouiller les déchets pour trouver de quoi se nourrir.

(Juliane Neuhaus)

Les enfants recueillis restent au minimum un an dans le centre, où ils sont scolarisés, nourris et logés. Pendant cette année de transition, l’enfant doit se réadapter à une vie plus cadrée. Il est également réorienté soit au sein d’une formation scolaire, soit vers une formation professionnelle, selon son choix et son âge. En général, le CPAJ veille à ce que tous les enfants jeunes et moins jeunes aient au minimum terminé leurs 6 années d’école primaire. Et cela, même s’ils ont du retard. C’est ainsi que certains jeunes d’environ 17 ans se retrouvent parfois en 3e année primaire.

Les jeunes scolarisés vont en cours dans des écoles publiques en dehors du centre. Le CPAJ héberge cependant une école professionnelle. Actuellement, les professions proposées sont la couture et la coiffure.

Après cette année de réintégration à une vie cadrée, les jeunes accueillis par le CPAJ sont placés dans leur famille, s’ils en ont encore, ou dans une famille d’accueil. Ces familles d’accueil sont soigneusement choisies, mais cela ne veut pas dire que les conditions sont toujours bonnes. Les enfants restent suivis par le CPAJ, même après la réintégration familiale. 

Lorsque nous étions là-bas, nous avons donc pu remarquer qu’il y avait plusieurs types de jeunes : ceux qui restaient au centre le soir et ceux qui rentraient chez eux. Nous n’avons malheureusement pas pu assister à des cours ou des formations car les jeunes étaient eux aussi en vacances.

Les éducateurs jouent un rôle important comme soutien et cadre pour les jeunes. Plusieurs de ces éducateurs ont été des enfants des rues et comprennent d’autant plus la situation des jeunes. Ce sont d’ailleurs souvent les éducateurs eux-mêmes qui vont essayer de convaincre les jeunes de la rue de venir au Centre, parfois sans succès. On nous a même expliqué que parfois, des enfants acceptent d’aller au CPAJ et repartent quelques jours plus tard dans la rue, car ils n’ont plus l’habitude d’avoir un cadre de vie et ne supportent pas de devoir se soumettre à certaines règles.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Ce qui nous a beaucoup touchés au CPAJ, c’est le nombre d’enfants qu’il y avait pour le repas de midi. En effet, le centre propose aux enfants de la région de venir manger, à une condition : qu’ils aillent à l’école. Cela permettait ainsi de décharger beaucoup les familles, qui avaient ainsi une bouche de moins à nourrir. Et de plus, pour l’avenir, c’était beaucoup d’espoir de savoir que ces enfants auraient une formation minimale.

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Les activités au CPAJ (Anne-Valérie Zuber)

Nos journées aux côtés des jeunes du CPAJ étaient partagées en trois étapes. Premièrement, nous commencions nos journées en rejoignant les jeunes rwandais à la méditation. Deuxièmement, nous marchions jusqu’au chantier et faisions de notre mieux pour aider aux travaux. Troisièmement, nous rentrions au CPAJ pour partager un repas et passer l’après-midi à faire diverses activités.

Ces après-midis étaient complètement dénués de tout programme. De prime abord, cela peut sembler un peu bizarre pour nous qui sommes habitués à tout régler comme du papier à musique. En réalité, avec les rwandais, il vaut mieux ne pas trop prévoir sous peine d’être déçu ! Après le repas que nous prenions assis côte à côte sur des bancs en bois, nous étions donc complètement libres de faire ce que bon nous semblait.

Certains profitent de l’occasion pour se reposer à l’ombre des arbres tandis que d’autres jouent au foot sur le terrain. C’est aussi le moment où nous tissons vraiment des liens avec les rwandais car nous avons alors tout loisirs de discuter et de jouer ensemble. La communication s’avère cependant assez laborieuse. En fait, le Rwanda étant une ancienne colonie belge, on pourrait penser que la langue officielle est le français… que nenni. Depuis quelques années, la langue officielle du pays est l’anglais. Il semblerait qu’il y ait quelque argument économique là dessous.

Les jeunes parlent donc kinyarwanda et apprennent l’anglais à l’école. Ils ont souvent un vocabulaire un peu bancal et une prononciation qui prête à confusion, mais avec un peu de bonne volonté et des gestes on finit toujours par se comprendre. Même les plus petits, ceux qui n’ont pas encore beaucoup de notions d’anglais, parviennent à se faire comprendre avec des gestes ou par l’intermédiaire d’un camarade plus âgé.

Les après-midis au CPAJ nous permettaient de nouer de vraies amitiés avec certains rwandais. Nous apprenions à nous connaître et à découvrir la culture de l’autre. A titre personnel, j’ai eu des conversations sur le fait que non, il n’y a pas de gorilles dans nos montagnes. J’ai pu discuter de l’ambition d’un jeune homme qui voudrait devenir pilote. En tant que fille, j’ai également fait l’objet de quelques déclarations enflammées… bref, c’était toujours très diversifié !

Parmi les activités que nous avons faites durant ces après-midis, il y en a une qui nous a tout particulièrement marqués. La fin du séjour approchant, nous voulions offrir un souvenir à tous les jeunes que nous avions côtoyé… nous avons donc acheté un énorme carton de t-shirts blancs et tout le monde a pu signer ou dessiner sur les habits des autres. Les rwandais semblaient ravis. C’était vraiment un super moment d’effervescence et les jours suivants, la plupart de nos amis arboraient fièrement leurs nouveaux t-shirts.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Pour nous, c’était d’autant plus impressionnant, car nous avons pu observer les difficultés d’écriture de certains jeunes. En effet, nous n’avions pas réalisé concrètement qu’à une quinzaine d’années, il était possible de ne pas savoir écrire son propre prénom !

En plus de ces après-midis de partage, nous souhaitions offrir pendant notre séjour une activité touristique et un peu ludique aux jeunes du centre, afin qu’ils aient également l’occasion de visiter un peu leur pays, de voir autre chose que leur quartier. Cette sortie était un événement important pour eux, comme nous avons pu le constater dans des conversations les jours précédents et sur leurs visages réjouis malgré le réveil à l’aube !

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Visite du parc naturel d'Akagera (Charline Irminger, lu par Lucie Tolck)

C’est ainsi que le vendredi 26 juillet, nos réveils sonnaient à 5h30 du matin, pour un départ à 6h en direction du parc national d’Akagera avec trois bus dans lesquels nous nous sommes répartis, afin qu’il y ait toujours un joyeux mélange de Suisses et de Rwandais.

Lorsque nous sommes passés chercher les jeunes au CPAJ, nous étions surpris de constater qu’ils avaient revêtu leurs plus beaux atours. A les voir tous tout beaux dans leurs chemises du dimanche, nous avons pu prendre un peu la mesure de ce que cette sortie représentait pour eux ! D’autant plus que les jeunes étaient très très excités et regardaient pas les fenêtres du bus en commentant tout ce qui se passait. Ils ont aussi très vite voulu profiter de nos ipods et se sont empressés de voler nos lunettes de soleil et autres accessoires fascinants.

Après 3h de routes nous arrivons enfin au parc national, à l’est du pays. Le parc national d’Akagera est une réserve naturelle que le Rwanda partage avec son voisin la Tanzanie. Nous y découvrons de magnifiques paysages très différents de ceux que nous avions pu apercevoir jusqu’à présent. En effet, nous venions à peine à nous habituer aux « milles collines » et nous voici au milieu de plaines d’hautes herbes sèches. Nous découvrons aussi quelques très beau lacs ainsi que des Acacias dignes du Roi Lion.

A force d’errer en bus sur les routes (très) poussiéreuses du parc, nous voyons de nombreux hippopotames, des babouins, des gazelles, des impalas et des phacochères gambader dans leur milieu naturel.

Malheureusement, tous ces animaux ont tendance à se cacher quand le soleil se lève et que la température commence à monter pendant la journée. Du coup, plus le temps avance, moins on en voit. On commence aussi à sentir la fatigue après un levé aussi tôt… Nous aurions sûrement pu nous reposer tranquillement si l’organisation « à la rwandaise » n’avait pas causé un certain stress. En effet, nos chauffeurs de bus n’étaient visiblement pas vraiment entrainés pour faire des safaris et se perdaient constamment dans les méandres du parc. Nous aurions évidemment pu louer les services d’un guide pour la journée mais selon nos amis rwandais c’était un service « trop cher » et de toute façon « il n’y a plus personne de disponible pour la journée » nous a-t-on dit. Soit.

Cette mésorganisation a causé quelques sueurs froides car nos trois bus ont fini par se perdre. Chacun roulait de son côté et nous avions beau demander ce qui se passait, les rwandais avaient décidé qu’ils régleraient la chose tout seuls. Plus le temps avance, plus nous commençons à avoir faim et soif, mais nous ne pouvons pas satisfaire ces besoin car le dîner et la réserve d’eau se trouve dans un des bus. Par miracle, nous finissons par nous retrouver tous à une intersection et engloutissons directement le repas aux alentours de 17h, avant de repartir.

Jusque-là, ce qui devait être une partie de plaisir ne nous amuse plus trop. Nous avons eu peur d’être à jamais perdus dans le parc et en plus de cela, nous nous sentons un peu honteux vis à vis des jeunes rwandais à qui nous souhaitions offrir une expérience incroyable. Pour nous suisses, passer une journée enfermés dans un bus poussiéreux n’est pas vraiment ce qu’on définirait comme « incroyable ». Heureusement, les rwandais n’ont pas trop eu l’air de se formaliser.

Cependant, nous n’étions pas encore au bout de nos surprises ! A la fin de la journée alors que nous rebroussions chemin, nous nous sommes soudain retrouvés nez à nez… avec un éléphant ! Selon les dires d’un garde du parc, Mutware, 50 ans, est l’éléphant le plus âgé du parc… et accessoirement le plus dangereux ! Il est sorti plusieurs fois d’Akagera et a ravagé des villages alentours ! Nous voilà donc parfaitement rassurés.

Le pachyderme nous barre longuement la route, occupé à arracher un arbre qui constituera son souper. Au bout d’une vingtaine de minutes, il daigne enfin s’écarter et nos bus passent un à un. Une fois de plus, nous goûtons à l’incompétence de nos chauffeurs qui, effrayés par la bête plantent les gaz pile devant l’éléphant…qui décide de retourner sur la route… et passe très près du dernier des bus. Nous avons eu très très chaud.

Finalement, nous parvenons à sortir du parc et à rentrer à la maison après un périple qui nous a paru interminable. Epuisés par toutes ces émotions, nous nous sentons un peu gênés par rapport aux jeunes rwandais mais ceux-ci nous assurent que c’était la meilleure journée de leur vie !

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Contrairement aux attentes, nous n’étions pas encore au bout de nos mésaventures ! En effet, sur le chemin du retour, nous avons changé de bus, afin de rassembler un peu les gens en fonction de leur lieu de destination. Nous étions donc à nouveau tous les suisses ensemble et nous profitions de dormir dans le car. Quand soudain, le bus s’arrête et le chauffeur, qui était au téléphone, s’en va.

C’est alors qu’on nous a raconté que le bus qui nous précédait s’était fait arrêté par la police : le chauffeur n’avait pas de permis de conduire valable. N’oublions pas que nous sommes au Rwanda et donc les problèmes se résolvent un peu différemment que dans nos contrées : notre conducteur a donc rejoint l’autre bus pour prendre ses commandes le temps de l’éloigner de la police. Pour ensuite redonner tout naturellement le volant à son collègue, qui n’avait donc toujours pas de permis valide. Après cet incident « banal » il nous rejoigna pour nous ramener sain et sauf à Isano, enfin !

Après ces folles aventures, revenons aux jeunes du CPAJ…

***

Les jeunes du CPAJ (Arnaud Schwab)

A travers les discussions que nous avons pu avoir avec les jeunes, nous avons pu en apprendre plus sur leurs vies. Bien souvent, les confidences qu’ils nous faisaient pouvaient paraître complètement irréalistes !

Juliane vous a expliqué plus tôt que nous côtoyions plusieurs « sortes » de jeunes. Il y en avait qui n’ont plus du tout de contacts avec leur famille, d’autres qui viennent de familles très pauvres et aussi un certain nombre en phase de réinsertion auprès de parents plus ou moins éloignés.

Les jeunes qui se trouvent actuellement au CPAJ n’ont pas vécu le génocide, ou alors pour certains en tant que bébés. C’est la génération de leurs parents – et de certains éducateurs – qui en a souffert. Ils ont en général été abandonnés par des parents trop pauvres ou incapables de s’en occuper. La plupart des jeunes ont de petits boulots en dehors des cours pour pouvoir assurer à leur famille une existence un peu plus confortable.

Pour ma part, j’ai eu la chance d’en apprendre un peu plus sur le quotidien de certains jeunes à travers des conversations toujours empreintes de respect et de compréhension. Un témoignage qui m’a particulièrement marqué est celui d’un jeune de 15 ans qui entretien ses deux petits frères et sa petite sœur. Pour des raisons pratiques, seuls les garçons peuvent être hébergés au CPAJ, c’est pourquoi il s’est débrouillé pour louer une chambre à une lointaine parente. Il s’occupe de sa fratrie, travaille en dehors de cours pour pouvoir payer le loyer et accomplir quelques tâches domestiques et tous profitent de la générosité du CPAJ pour pouvoir manger et aller à l’école. Sa situation paraît complètement inacceptable aux yeux des occidentaux gâtés que nous sommes !

Ce qui me touche, c’est que malgré tout, ces enfants en questions paraissent forts. Ils ne se plaignent pas, ils acceptent leur condition et ne cessent en plus de remercier Dieu pour le peu qu’ils ont. Leur volonté à surmonter les difficultés quotidiennes et à se battre pour accéder à la meilleure vie possible est incroyable !

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Mais au CPAJ, ce n’était pas que des jeux et des chants, nous avons aussi travaillé avec eux ! Mais avant le travail : il fallait déjà arriver au chantier !

***

Le chemin pour aller au travail (Jenny Grandjean, lu par Florence Grossenbacher)

Après la méditation au CPAJ, nous avions une petite marche à faire pour arriver à la maison où nous travaillions. Le premier jour, on nous a expliqué qu’il s’agissait d’une « petite » marche de vingt minutes. Mais en réalité, c’était plutôt une heure et demi. C’est donc d’un pas joyeux que tous les matins nous quittions le CPAJ en direction du chantier. C’est également dans ces instants que les premiers échanges avec les enfants du CPAJ ont débuté et que les premiers liens ont commencé à se créer.

Rwanda8Instants de convivialité en chemin

Sur le chemin, beaucoup de regards se posaient sur nous. Effectivement, il est assez inhabituel pour un rwandais de croiser un groupe de jeunes blancs. Ainsi, les rwandais nous interpellaient souvent pour nous crier « Umuzungu »

(Alicia Bärtschi) 

Umuzungu, ça veut dire blanc !

(Florence Grossenbacher)

De nombreux enfants décidaient quant à eux de nous faire d'énormes câlins et de nous prendre les mains pour nous accompagner jusqu'au chantier.

(Alicia Bärtschi) 

C’était parfois pratique, car même avec leur âge peu avancé, ils savaient ou nous allions, tandis que nous parfois… on se perdait un peu !

(Florence Grossenbacher)

Quand les matinées de travail se terminaient, une partie d'entre nous devait rentrer à pieds car le bus qui nous ramenait n'avait malheureusement pas assez de place pour accueillir tous les suisses et les rwandais.

Au fil des jours, nous avons commencé à mieux nous connaître, transformant ainsi les trajets en moments de partage.

Nous devions marcher certes, mais nous en profitions pour apprendre des chants en kinyarwanda ou simplement apprendre un peu de leur langue même si nos accents les amusaient beaucoup. Eux aussi en profitaient pour apprendre un peu de notre culture musicale ou linguistique.

Au bout de quelques jours, même les habitants du village semblaient s'adapter à notre présence.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Cette marche, en plus de nous permettre de tisser des liens, nous laissait le temps de réfléchir tranquillement à la vie des rwandais, avant d’arriver à destination et de nous mettre au travail !

*** 

Les travaux - Quoi? (Lucie Tolck)

Les travaux pour lesquels nous avons été mis à contribution consistaient en l’agrandissement et l’amélioration de la maison d’une famille dans la proche campagne de Kigali. Effectivement, la politique gouvernementale du Rwanda prône la réintégration des enfants dans leur famille proche ou lointaine, dans les meilleures conditions possibles. Un jeune bénéficiaire du centre a pu retrouver sa grand-mère habitant une petite maison, qui avait grand besoin de rénovations.

En allant visiter la maison le jour avant de commencer les travaux, nous nous sommes rendu compte de l’ampleur de la tâche ainsi que des conditions de vie de la famille. La maison était composée d’une pièce centrale faisant office de « salon », dans laquelle dormait les chèvres la nuit, et d’une petite chambre pour les six enfants qui dormaient alors sur un lit simple tenant tout juste dans la petite pièce. Une autre entrée donnait sur une petite pièce sombre et complètement vide. Il y avait un trou dans le toit et cela faisait office de chambre à coucher pour la grand-mère.

Nous avons alors compris que le but était non seulement d’agrandir la maison, mais également de la réparer et la consolider, en remplaçant le toit et en mettant en place des fondations et des renforcements dans les murs.

Rwanda10Nouvelle façade en briques et fondation en pierres de la maison agrandie

Au fil des jours, nous avons donc eu l’occasion de participer ou assister à toutes les étapes des travaux, que ce soit de porter des matériaux, fabriquer les briques, creuser, mélanger le mortier, etc… Et tout cela avec les jeunes du CPAJ, certains de leurs responsables et quelques ouvriers engagés spécialement pour l’occasion.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Ce qu’il y a de magnifique, c’est que ce sont les jeunes du CPAJ qui ont proposé ce projet aux éducateurs. Ils voulaient que ce garçon puisse avoir des conditions de vie meilleures. Nous avons eu la chance de pouvoir les aider à concrétiser ce projet.

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Les travaux - Comment? (Romain Guenat)

Comme Lucie vient de le dire, lors de notre première visite du chantier, nous étions loin de nous imaginer le travail qui nous attendait. En voyant la simple maison en brique de terre sèche, nous pensions augmenter la surface habitable sur le même modèle. C’était sans savoir qu’il faudrait creuser des fondations d’une part pour les nouveaux murs, mais également pour les anciens, afin de les solidifier. Que nous allions élever tous les murs ainsi qu’en cimenter l’extérieur, poser fenêtres et portes en métal et encore faire une charpente toute neuve, pour y poser des tôles neuves.

Dès notre arrivée le mardi matin sur le chantier, quelques braves se sont portés volontaire pour aller chercher de l’eau. Sans se soucier ni du poids, ni du temps de parcours. Près d’une heure plus tard, ce sont des hommes lessivés qui sont réapparus avec seulement 60l d’eau. Vu la quantité de liquide nécessaire pour le mortier et les briques, nous nous sommes vite rendus compte que nous ne serions tout sauf un atout dans cette tâche.

Après que les ouvriers ont tracé les fondations à l’aide d’une simple ficelle et d’un niveau, il s’est agi de les creuser. Là encore nous ne faisions pas le poids, la terre étant tellement dure que notre avancée était risible comparée à la leur.

Nous avons donc compensé lorsqu’il s’est agi de transporter des pierres et du sable sur les 50 mètres séparant la « route » du chantier. Histoire de montrer que les citadins que nous sommes, pouvions quand même servir à quelque chose.

Rwanda11Le brancard "maison" utile dans le port de lourdes pierres

(Alicia Bärtschi) 

D’ailleurs, les jeunes rwandais nous ont souvent fait des remarques à ce sujet. Au départ, ils ne voulaient pas qu’on travaille, car nous, les blancs, nous sommes faits pour rester prostrés inutilement derrière un bureau. Du coup, ça a été plutôt compliqué de leur faire comprendre qu’on voulait aussi travailler ! Finalement, nous avons quand même pas mal travaillé mais ils étaient toujours attentifs à nous ménager au maximum. Au final, à notre grande surprise, ils racontaient à tout le monde qu’on était super forts, et que les blancs pouvaient aussi travailler manuellement. Au moins, on aura prouvé quelque chose et changé un peu leur vision des blancs !

(Romain Guenat)

Afin de fabriquer le mortier, nous n’utilisions que de la terre, de l’eau et des herbes sèches. Un trou a été creusé à l’arrière de la maison pour fournir la terre et l’eau était déversée dans ce même trou. Deux ouvriers ont passé leurs journées à brasser cette terre de leurs pieds. Certains d’entre nous s’y sont essayés, sans grande efficacité.

Finalement, notre occupation la plus importante a été de faire de grandes chaines humaines pour transporter le mortier. Tantôt pour façonner les briques, tantôt pour crépir les murs de la maison. Non sans quelques inévitables batailles de terre. Malheureusement, les travaux ont pris un peu de retard durant la deuxième semaine car le manque de soleil ne permettait pas aux briques de sécher correctement.

Bilan des opérations : La surface a été doublée, les murs renforcés et cimentés, les portes en bois remplacées par des portes en métal, des fenêtres ont été créées et la toiture trouée remplacée. 

Rwanda9Un maçon pose du mortier sur les nouvelles fondations avant de commencer à poser les briques formant les nouvelles chambres de la maison 

Rwanda12"Lancer" de mortier pour solidifier les murs

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Après ces deux semaines, nous étions nous-même impressionnés du travail qui avait été fait. C’était vraiment une belle expérience que de pouvoir travailler côtes à côtes avec ces jeunes rwandais pour un si beau projet.

Ce soir, nous souhaitions encore vous parler de nos conditions de vie à nous pendant le voyage, pour que vous puissiez ressentir l’intégralité de ce qu’a été notre vie pendant 3 semaines. 

Rwanda14La maison à notre départ (pas encore totalement terminée, notamment à l'intérieur)

***

La vie à Isano (Florent Bader, lu par Nicolas Roth)

Durant notre séjour au Rwanda, nous dormions à Isano, un centre appartenant à l’Eglise presbytérienne. Isano fut pour nous un refuge. Des pauses qui entrecoupaient nos journées difficiles tant au niveau physique qu’émotionnel. Là-bas, entre nous, nous pouvions partager nos expériences, nous confier, décompresser. Malgré la rencontre de quelques bestioles qualifiées de dégoutantes par certains ou d’intéressantes par d’autres, nous étions enthousiasmé chaque soir de retrouver ce centre chaleureux avec ses petites chambres chaleureuses, ses douches souvent chaudes et surtout ses cuisinières attentionnées

Rwanda15

De charmantes bestioles rencontrées à Isano

Le soir nous pouvions ainsi nous concentrer en toute sérénité à notre traditionnel Staff, rythmé par les bâillements de chacun exprimant la satisfaction d’une dure journée accomplie. Les plus courageux osaient encore se lancer dans des jeux de cartes, mais bien vite nous nous retrouvions tous à dormir avec en tête la journée du lendemain.

A l’intérieur des murs de ce centre nous étions coupés de la misère qui nous entourait. Mais souvent nous nous aventurions à l’extérieur de ces grandes murailles bien gardées, pour nous confronter, à la surprise des gardes, aux quartiers alentours. Le voisinage  présentait un tout autre visage que notre centre adoré : La pauvreté et la simplicité nous encerclaient.  Mais comme partout ailleurs au Rwanda, nous trouvions dans ces quartiers des sourires et de la joie. Cet enthousiasme et cette générosité nous poussaient à prendre le temps chaque soir d’aller explorer les alentours. Et chaque soir, nous retrouvions ces familles et leurs hordes d’enfants nous accueillant à bras ouvert. C’est peut-être une des grandes leçons que nous avons appris durant ce voyage. Nous avions beau être dans un centre paradisiaque, c’est au contact des autres que nous étions peut-être le plus heureux.

En bref, Isano a été notre « chez-nous » autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces murailles. Et durant notre voyage nous avons compris à quel point c’était précieux un « chez-nous ». Nous garderons toujours en mémoire ce lieu et pas seulement grâce à la tarentule rencontrée.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

A Isano, deux personnes sont venues nous rencontrer et nous parler du Rwanda, nous en donnant un nouvel éclairage. Tout d’abord, Ezéchias, ancien ministre de la santé et actuellement parlementaire, qui nous a parlé du génocide et de la façon de fonctionner du Rwanda. Et puis Mme Véronique Frank , employée au CICR, qui nous a raconté le Rwanda avec le regard d’une suissesse, aussi en comparaison avec d’autres pays dans lesquels elle a travaillé.

C’est ainsi que nous apprenions également quelques détails intéressants, comme la présence des gardes que Florent vient de mentionner, qui peut vous paraitre un peu surprenante. En fait, c’est tout à fait normal chez eux. D’une part, ils avaient à Isano le rôle de portier et de l’autre, il est conseillé et même attendu de la part des personnes qui possèdent un peu d’argent, d’engager du personnel, car c’est une manière de redistribuer la richesse. Donc, si vous avez une belle maison, mais pas de domestique ou de garde, vous serez considéré comme égoïstes au Rwanda !

Et si maintenant nous vous parlions de la nourriture que nous avons mangée ? Ceux qui avaient participé au voyage en Arménie nous ont raconté qu’ils mangeaient toujours la même chose, et ce n’était pas toujours du goût de tous. Même qu’il parait que sans le kiosque qui vendait des snickers et des mars, cela aurait été très pénible. Au Rwanda ? C’était un peu différent…

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La nourriture (Noémie Suter, lu par Noémie Guggisberg)

Alors que nous nous attendions à être complètement dépaysés en matière de nourriture, nous nous sommes vite rendu compte que ce ne seraient pas les types d’aliments proposés qui allaient nous surprendre, mais plutôt leur quantité. En effet, chaque repas qui nous a été proposé comprenait au moins 3 sortes de féculents différents. Des pommes de terres, des patates douces, des pâtes, du riz – on pouvait tout avoir dans la même assiette ! Heureusement, tous nos repas avaient la forme de buffet, ce qui nous permettait de faire quelques choix et de varier tant bien que mal ce que nous mangions.

Pour vous donner une idée des menus proposés, sachez que le petit déjeuner était généralement composé de pain, confiture, miel et beurre, de magnifiques omelettes et occasionnellement de crêpes, ce qui au final ressemble beaucoup à un déjeuner classique que l’on peut trouver chez nous.

Pour ce qui est du dîner, nous avons mangé tous les jours de la semaine au centre dans lequel nous travaillions et il nous a été servi tous les jours la même chose : du riz, des patates, de la purée de maïs, du chou, des haricots et des bananes. Nous avons été très impressionnés par la quantité mangée par les enfants, même par les plus petits… En discutant un peu avec les rwandais, nous n’avons pas tardé à comprendre pourquoi ils mangeaient tant : la majorité de ces enfants ne mangent qu’une fois par jour !

Le souper quant à lui était constitué de pommes de terre, de riz, de pâtes, de viande ou de poisson. Il y avait également de la salade. Il faillait cependant très attention, étant donné qu’elle était lavée avec de l’eau du robinet et que cela entrainait quelques risque pour notre santé…

Nous avons également eu le plaisir de goûter un petit délice durant notre travail à la maison de la grand-mère ; la canne à sucre ! Elle a un goût délicieux mais est un vrai défi pour qui veut en manger, surtout quand on n’a pas l’habitude. Tout d’abord, il faut pouvoir s’en procurer un morceau, ce qui n’est pas de tout repos puisqu’il faut trouver de quoi couper la canne, ce qui est généralement fait à la machette. Puis, c’est tout un combat pour arriver à la partie sucrée, car il faut enlever l’écorce. Il faut donc mordre vigoureusement dans celle-ci en essayant de ne pas se casser de dent. Heureusement, les rwandais mi-amusés, mi-compatissants se portaient souvent volontaires pour nous aider. Nous pouvions alors savourer le sucre.

Nous avons aussi pu goûter d’autres spécialités rwandaises, telles que les brochettes de bœuf, les brochettes de chèvre ou encore de délicieux petits triangles de pâte fourrés à la viande épicée. Ces « samosas » étaient parfois vendus par des marchands ambulants. Ces derniers vendaient aussi de délicieuses cacahuètes.

Pour faire passer toutes ces bonnes choses, nous avons pu découvrir la variété des boissons rwandaise. Ils disposent d’une gamme de sodas haute en couleurs ainsi qu’un grand choix de bières produites au Rwanda. Nous nous sommes régalés !

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

En résumé, nous avons plutôt bien mangé. Malgré tout, une fois de retour en Suisse, il valait mieux ne pas nous parler de féculents pendant un certain temps !

Parlons maintenant de nos moyens de transports. Le Rwanda, c’est pas très grand, mais on a beaucoup bougé! Et… C’était parfois un peu sportif !

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Les déplacements (Florence Grossenbacher)

Pour nous transporter, il y avait une voiture et également un minibus de 15 places, à l’intérieur duquel nous pouvions être 18 jeunes entassés les uns sur les autres, sans compter notre très cher chauffeur : Omar, avec qui il était assez difficile d’avoir une conversation pertinente, puisqu’il parlait uniquement le Kinyarwanda.

(Alicia Bärtschi) 

Quand elle vous dit qu’on pouvait être 18 dans le bus, il faut dire qu’on a même été jusqu’à être 21 dedans ! Et les routes rwandaises, lorsqu’on est 5 personne par rangée de 3 sièges, c’est pas top top…

(Florence Grossenbacher)

Tout cela n’enlevait en rien du charme à notre fameux minibus qui affichait plus de 565’000 km au compteur et qui possédait une aiguille très aléatoire pour nous indiquer le niveau restant d’essence, sans parler naturellement des petits trous qui jonchaient le sol ; nous permettant ainsi d’avoir toujours une vue optimale et de 360° sur le paysage. Ce minibus était un vrai plaisir sur roues, car entre les sièges strapontins qui se relevaient dans les contours et nos têtes qui venaient frôler délicatement le plafond à chaque petite bosse, nous avons fini, malgré tout, par nous attacher à ce minibus.

(Alicia Bärtschi) 

Attention ici le terme « attachés » est utilisé au sens figuré car les ceintures de sécurité ne sont pas encore à la mode rwandaise.

(Florence Grossenbacher)

Malgré tout, Omar savait garder son calme ; contrairement à nous parfois. Comme la fois ou, en pleine petite route sableuse, Omar nous regarda avec un air interrogatif en appuyant très fort -mais en vain- sur la pédale d’embrayage, avant que le minibus ne se trouve à l’arrêt complet. Suite à cela, Omar est sorti du minibus pour téléphoner. Nous en avons alors profité pour regarder les pédales et y découvrir une vis qui roulait sur le tapis. Après quelques mimes et notre fameux «  Omar, there is a vices on the floor », Omar compris la situation, remit la vis en place et nous purent nous remettre en chemin, tous plus serein les uns que les autres.

Vous l’aurez compris Omar était vraiment un homme admirable qui devait supporter 18jeunes chantant à tue-tête du Jean-Jacques Goldman, Céline Dion, K-Maro, Georges Brassens et j’en passe. Les derniers jours, nous nous sommes mêmes initiés à la musique locale, mais soit Omar n’a pas compris que nous tentions de chanter en kinyarwanda, soit nous avions bouché ses oreilles depuis déjà deux semaines.

En effet, Omar nous a accompagné partout, et cela durant nos trois semaines : que ce soit des visites de musées, un projet biogaz, une visite d’école, un week-end au bord du lac Kivu, des sorties nocturnes, des cultes ou tout simplement nos pulsions de touristes, nous demandant de nous rendre au centre commercial de Kigali, Omar était toujours de la partie, et cela peu importe les routes : qu’elles soient goudronnées, poussiéreuses, en chantier ou tout simplement inexistantes, Omar savait nous frayer un chemin afin de nous mener à bon port.

Quelque chose qui nous a également beaucoup touché durant nos déplacements à travers le pays, ce sont les gens, parfois même des familles entières qui s’arrêtaient au passage de notre minibus pour nous faire  un « coucou » de la main et nous adresser un grand sourire. Ce sont aussi les enfants qui couraient à toute vitesse derrière notre fameux minibus. Ils couraient avec le sourire, nous suivaient à en perdre haleine. D’ailleurs certains enfants s’éloignaient dangereusement de leur village, donc nous espérons qu’à l’heure actuelle, ils ont tous retrouvé leur maison respective…

Rwanda17Des enfants courrant après notre bus

Quoi qu’il en soit toutes ces personnes que nous avons pu croiser au fil de notre voyage- que ce soit quotidiennement  ou exceptionnellement- nous ont tous marqué d’une manière ou d’une autre : que ce soit par leur sourire, leurs actes ou leurs paroles, personne n’a pu nous laisser indifférents.

Fil rouge (Alicia Bärtschi) 

Dans la campagne, nous avons remarqué des gens qui marchaient chargés le long des routes. On nous a expliqué que ce sont les gens des différents villages, qui se rendent dans un village voisin, afin de faire des échanges de marchandises. Même les enfants portaient ! Et ce n’était pas de petites distances…

Passons maintenant au spirituel qui est souvent très important dans les endroits du Rwanda que nous avons visités. Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans des événements particuliers.

***

Le spirituel, les cultes et les méditations (Maëlle Bader)

Nous avons participés à plusieurs cultes, l’un a Rubengera, dans cet endroit gardé par les sœurs, ou nous avons vécu un très beau moment de culte, plein de joies et de chants. La semaine suivante, nous étions au culte de la communauté française d’Eustache. Un culte très à l’européenne, même tellement que nous avions l’impression d’être à nouveau en Suisse. En sortant de ce culte, nous avons pu apercevoir le culte en Kinyarwanda qui se déroulait dans la grande église à côté. Nous voulions voir des chants et de la musique typiquement rwandaise. Malheureusement pour nous, nous sommes arrivés dans un moment qui ne contenait pas beaucoup de chants, mais en plus : c’était à nouveau européanisé. Le programme étant serré pour nous, nous ne sommes pas restés longtemps. Donc comme vous le voyez, les cultes n’ont pas été très ébranlants pour nous, bien que les accueils toujours chaleureux et les invitations à entendre nos chants nous aient énormément touchés. Il faut dire que nos pasteurs ont également été accueillis avec grande joie ! Et on leur a souvent demandé de prier, de parler ou de faire une prédication.

Dans la vie de tous les jours, et nous avons pu le voir au CPAJ, la présence de Dieu était très importante. Les jeunes parlaient régulièrement de Dieu, nous promettaient de prier pour nous, nous demandaient de prier pour eux ou nous rassuraient en nous disant que nous nous retrouverions un jour au paradis. Certains gestes nous ont parfois un peu surpris, comme lorsque certains jeunes priaient avant de tourner leurs cartes à la bataille ! En plus de ces petits gestes et paroles du quotidien, nous avons vécu tous les matins une méditation avec les jeunes. Ces moments nous ont complétement déboussolés. En effet, les chants, sur lesquels on nous entrainait à danser, avaient une grande part dans ces moments. Puis, après cette première partie, un des éducateurs lisait un texte de la Bible, puis le commentait en quelques mots. A chacune de ses phrases répondaient les jeunes en criant d’une seule voie « Amena ».

Je pense que le plus frappant est de vous  faire écouter un enregistrement sonore.

 

 


*** Parole aux accompagnants du voyage ***

Delphine Collaud, pasteure co-responsable du voyage de l’Aumônerie de Jeunesse au Rwanda

Les jeunes ne semblent pas avoir gardé un si mauvais souvenir de notre mygale, une des personnes qui nous ont visitées pendant nos nuits nocturnes à Isano. Parce qu’ils ont construits ici sous nos yeux une toile d’araignée, rouge. Rouge c’est la couleur de cette terre rwandaise, cette terre tellement belle qu’on a pu admirer et travailler. Rouge c’est aussi bien sur la couleur du sang, la couleur de la vie, la couleur de la mort aussi ou de l’amour nous l’avons évoqué et la couleur de cette vie si forte qui a vibré pendant ces trois semaines passées ensembles. Le rouge c’est aussi évidemment la couleur du cœur donc la couleur de l’amour. Le centre ou nous étions s’appelait le centre d’amour des jeunes. Cet amour on aurait un peu de peine à l’employer chez nous peut-être pour qualifier un centre d’accueil pour jeunes, mais que je trouve très très beau, parce qu’il contient effectivement cet élan d’amour les uns pour les autres.

Nous avons tissés entre nous, bien sûr, une toile d’araignée, une toile qui nous relie, nous avons aussi tissé cette toile à beaucoup plus longue échelle et d’ailleurs heureusement qu’il y a la toile dans l’autre sens du terme puisque nos jeunes se trouvent et se retrouvent sur facebook. Ces liens ont été tissés pendant ces trois semaines, ces liens sont bien sur fragiles parce que nous sommes aussi pris par toutes sortes d’occupations, mais dans une société ou nous avons que trop tendance à zapper, la question que nous nous sommes posée et que nous allons encore nous poser c’est comment continuer, comment poursuivre nos chemins avec ces gens rencontrés au Rwanda, ces jeunes rencontrés là-bas, comment pouvoir garder ce lien vivant et nous avons des propositions, rien n’est encore décidé, mais de pouvoir soutenir justement, pour leurs études, s’engager de manière régulière pour qu’il y ait quelque chose dans le temps qui se construise. Très souvent dans l’aide humanitaire, les choses se donnent une fois et puis plus rien. Au CPAJ ils ont justement étés victimes de cela car il y avait des gens qui leur donnait une grosse somme d’argent par année et tout à coup ils ont cessé, ils ont choisis un autre projet et puis eux devaient continuer à se débrouiller sans ça. Comment est-ce qu’on peut aider des gens à long terme, c’est une des questions qu’on se pose et qui est, à comment on reste justement heureux.

En tout cas ce voyage nous a lié très très fort à toutes sortes de personnes et nous avons changé d’ailleurs le nom, on a toujours parlé de voyage humanitaire, un nom un peu gonflé et puis on l’appelle maintenant voyage de rencontre et de partage, parce que c’est vraiment ce qu’on a pu vivre ensemble.

*** 

Constantin Bacha, pasteur co-responsable du voyage de l’Aumônerie de Jeunesse au Rwanda, mais également co-responsable de l’Aumônerie de Jeunesse dans la vie de tous les jours

Mesdames et Messieurs, chers amis, qu’est-ce que vous avez entendus ce soir ? Qu’est-ce que vous avez vu ? Un jeune homme qui raconte ses aventures à l’étranger, une jeune demoiselle qui donne un cours d’histoire ou de géographie ? ce n’était pas du tout cela, vous avez vu et entendu de précieux et précieuses jeunes gens, qui ensemble ont décidé de faire quelque chose. Nous espérons que ce que vous avez entendus et ce que vous avez vu va rester un peu un certain temps dans vos cœurs et dans vos têtes et nous espérons surtout que vous avez ressenti quelque chose. La présentation ce soir était très sobre, pas beaucoup de musique, on a pas bougé, on a pas applaudi. J’espère quand même et nous espérons, que vous avez ressenti un  peu d’émotions, un peu de joie, un peu de l’enthousiasme de ces jeunes, un peu aussi de l’inquiétude, un peu de tristesse. Vous savez, il n’y avait pas une personne qui était indispensable dans ce voyage, mais chacune et chacun l’était. Chaque jeune ci-présent était indispensable, avant le départ, pendant le séjour et au retour. Delphine a mentionné cette pelote, nous l’avons fait circuler ce soir, elle a circulé, pour tisser des liens entre nous et aussi avec nos frères et sœurs rwandais. Donc devant vous, nous nous sommes passés cette pelote mais à Kigali, là ou on a travaillé, nous nous sommes passés du mortier, des briques, des sacs pleins de sable ou de terre. Nous avions les mains tachées de boue, pleines de boue et nous étions tous ensemble dans cette situation. Les jeunes suissesses et suisses, les rwandais, nous étions tous les mains dans la boue et j’aimerais évoquer cette image qui me parle tellement. Nous étions tous dans la meme situation, les mains dans la boue et nous n’étions pas seuls, il n’y avait pas une personne qui était seule et cette image nous parle. Dans notre boue, nous ne sommes pas seuls, nous sommes ensemble et Dieu est avec nous, dans notre boue. C’est l’image que nous aimerions que vous puissiez garder. Dans notre misère, dans notre faiblesse, dans notre douleur et souffrance, nous ne sommes pas seuls, Dieu est avec nous dans la boue. C’est ce que nous avons souhaité vivre et partager, communiquer aux rwandais, mais aussi entre nous. Et nous espérons vraiment emporter cette image avec nous, tout le temps.

J’aimerais encore une fois dire bravo à vous tous et toutes, bravo et merci. Alors tout le monde n’est pas là sur la scène, Jules Aubert n’est pas là, Sophie Gueissaz n’est pas là, il y a également Noémie Suter, Charline Irminger et Jenny Grandjean qui préparent l’apéro et Jonathan Collaud qui s’occupe de la régie et vous a passé les images. Merci aussi à la paroisse réformée de Neuchâtel dans laquelle nous travaillons avec Delphine, au médecin Thierry Collaud qui nous a accompagné, merci au DM, qui nous a permis d’avoir ce contact avec les rwandais, merci à toi Eustache pour le travail.

L’idée des jeunes, qui ont donc préparé eux-mêmes cette soirée, c’était que vous puissiez poser quelques questions si vous en avez envie. J’invite aussi Eustache à venir sur la scène pour nous aider à répondre aux questions.

 


*** Questions / Réponses, échanges avec le public ***

# Vous avez eu des nouvelles, de la part des jeunes par exemple ?

(Noémie Guggisberg)

Oui, on était à peine rentré que certains nous avaient déjà ajoutés sur Facebook. Ils nous envoient régulièrement des messages avec un anglais qui est à peu près approximatif mais qu’on comprend. Et on communique comme ça, ils nous demandent des photos de la Suisse et parfois des choses un peu trop personnelles qu’on essaie d’éviter. Mais oui, je crois que tout le monde garde à peu près contact avec eux.

# Vous avez dit que vous souhaitez rester en contact avec eux, ça c’est un très beau projet, mais concrètement est-ce qu’il y a une possibilité d’avoir un contact direct ?

(Noémie Guggisberg)

Je pense que les revoir on voulait aussi faire ça quand on est partis en Arménie, mais c’est un peu plus compliqué que ce que l’on pense parce que eux ils vont aussi peut-être changer d’endroit, ils vont aussi évoluer, mais comme disait Delphine tout à l’heure, il y a des projets qui sont en train d’être mis en place pour qu’on puisse les aider, par exemple avec un petit financement pour qui puisse faire leurs études ou des choses comme cela, mais ce ne sera pas forcément de les revoir en Suisse ou là-bas, mais on ne sait jamais.

(Maëlle Bader)

Mais c’est vrai que grâce au DM, on a aussi la possibilité de garder un contact avec le centre. C’est-à-dire que eux soutiennent ce centre et sont toujours en contact avec eux et cela nous permet d’avoir des contacts un peu plus faciles que ce qu’on avait quand on était partis en Arménie. Comme on était partis pas avec une grande organisation, on n’avait pas cette possibilité de contact et de suivi continu.

(Constantin Bacha)

Merci Maëlle et Noémie. Je saisis l’occasion pour dire que Valérie Maeder qui est chargée d’animation à DM-échange et mission est présente ce soir. Tu veux dire quelque chose pour compléter ce que Maëlle vient de dire ?

(Valérie Maeder)

Bonsoir à tous, j’aimerais juste dire qu’effectivement, comme le dit Maëlle, DM-échange et mission est engagé depuis plusieurs années au CPAJ. Il a été mentionné qu’un autre organisme avait cessé son soutien financier au CPAJ, de notre côté nous sommes en train d’envisager comment nous pourrions augmenter notre soutien au CPAJ. Ainsi d’une manière ou d’une autre, le projet continue. Ce qui a été fait par ces jeunes qui sont là ce soir continue de se faire. Nous avons ces contacts-là, nous pouvons faire le lien. Je crois que cela a été une demande qui nous a été faite dès le départ, dès que nous avons été approché par votre équipe, c’était avec cette idée que même si ce n’est pas ces jeunes-là qui restent en contact avec les jeunes du CPAJ, qu’il y ait ce lien qui d’une manière ou d’une autre continue et perdure. Je trouve cela très fort et je vous remercie d’avoir voulu construire ce projet dans ce sens-là.  

# Avez-vous seulement consolidé l’extérieur ou bien avez-vous aménagé l’intérieur de la maison ?

(Delphine Collaud)

Malheureusement on n’a pas encore vu les résultats finaux. Eustache vient de me dire que ce n’était pas encore complètement terminé. Quand on est parti, elle était sous toit, mais alors à l’intérieur il y avait encore énormément de gravas, c’était inhabitable. L’idée c’est que c’était vraiment très très agrandi, on a passé de deux petites pièces à une grande maison. 

# J’aimerais bien entendre aussi la voix de M. Eustache pour savoir un petit peu comment de son côté il a ressenti ce voyage

(Eustache)

Merci beaucoup pour cette question, j’allais justement y revenir en commençant par les remerciements au groupe de jeunes qui sont venus au Rwanda parce ça a été pour nous une bénédiction de rester avec eux et ils nous ont permis d’apprendre beaucoup d’eux, surtout aux jeunes, qui gardent des souvenirs et qui m’ont chargés de transmettre les salutations. Puisque juste avant de venir en Suisse, je suis passé au CPAJ et ils m’ont dit : « comme tu vas en Suisse, n’oublie pas de transmettre les salutations à la communauté en générale, mais aussi aux jeunes et aux pasteurs qui nous ont vraiment aidés et qui nous ont permis de découvrir ce que c’est un « Umuzungu ». Ils disaient que le groupe était vraiment spécial. Ils sont habitués à passer un moment, deux semaines avec des jeunes venant d’Allemagne et des Pays-Bas, mais ils ont dit que pour les Suisse, c’était vraiment vraiment spécial et ils n’ont pas de mots pour décrire ce qu’ils ont vécus avec eux.

Si je reviens à l’EPR en général (Eglise Presbytérienne au Rwanda), c’est un projet qui est vraiment allé au cœur de l’EPR, parce que même actuellement il y a des enfants de la rue. On se concentre sur trois axes, il y a d’abord l’acclimatement des enfants qui sont toujours dans les rues, pour les amener au centre mais aussi essayer de faire la réinsertion et l’encadrement dans les familles. Il y a une grande partie de ces jeunes qui sont dans la rue et qui laissent leurs études de côté. C’est vraiment malheureux et c’est pourquoi on continue de chercher comment les aider à intégrer les études. Il y a une partie de ceux qui ne sont plus en mesure de suivre, puisqu’ils ont un âge bien avancé et c’est là ou on a des formations professionnelles qui leur permettent d’exercer des métiers, comme la menuiserie, la coiffure, la construction. On cherche à avoir des formations de courte durée pour ceux qui ont déjà dépassé l’age de scolarisation. Et il y a aussi la politique de l’etat, qui ne veut pas avoir d’orphelin et donc qui souhaite supprimer les orphelinats. On dit que les enfants sont bien encadrés lorsqu’ils sont dans une famille et c’est pourquoi l’etat cherche toujours à trouver des familles d’accueil pour ces enfants.

J’aimerais encore vous remercier pour cette occasion que m’a offert le pasteur organisateur de pouvoir parler et revoir le groupe. Je suis ici à Neuchâtel même si loge pour l’instant à Delémont. Mais peut-être que d’ici quelques mois j’aurais l’occasion de vivre ici à Neuchâtel. A l’EPR, ou j’ai travaillé pendant 4 ans, j’étais le directeur administratif et financier donc j’étais vraiment impliqué dans la préparation et l’arrivée de ce groupe. Et quand ils étaient là, c’était à moi de m’occuper d’eux et de tout ce qui était logistique. Et c’était pour moi un grand fardeau pour les voir heureux et pour les voir accomplir un rêve. Ça a été pour moi un grand plaisir d’apprendre qu’ils ont appréciés leur voyage, qu’ils ont appréciés ce qu’ils ont fait et surtout qu’ils ont aussi contribué à la sélection. Parce qu’on avait plusieurs projets en tête et avec les jeunes ils ont décidés de passer ou de continuer la construction de la maison. La maison maintenant elle est habitable par rapport à la situation initiale, mais il reste encore quelques travaux de finitions. J’ai demandé au directeur du centre de m’envoyer un budget pour voir combien il manque pour finir, mais il a trainé à m’envoyer le rapport et je ne peux pas vous parler avec des chiffres. Mais il ne reste pas grand-chose à faire. La famille remercie vivement les jeunes, parce qu’ils avaient une pièce ou les enfants dormaient avec des chèvres. Même certains rwandais, qui vivent dans la capitale à côté, ne peuvent pas comprendre cette situation. C’était un grand travail qui a été fait.

Je vous remercie et s’il y a des autres questions je vais continuer à répondre.

# Le problème des enfants de la rue, je pense qu’il n’est pas étranger au problème de l’exode vers la capitale. Est-ce qu’il y a des projets de ramification dans les autres régions du Rwanda pour essayer de stopper, ou est-ce qu’on attend que ces jeunes arrivent à Kigali ?

(Eustache)

Ce qu’il y a à Kigali, c’est la présence de l’Eglise, qui est vraiment impliquée dans l’éducation et le projet au CPAJ. On a un vaste programme d’éducation à l’EPR et c’est là ou on trouve le CPAJ. Dans ce projet on a aussi un petit orphelinat comme par exemple, à Rubengera, ou les sœurs presbytériennes du Rwanda prennent en charge des enfants qui sont abandonnés ou qui n’ont pas de parents, ou qui n’ont nulle part ou aller. Je signale aussi qu’il y a beaucoup de familles, dont le chef de famille est un enfant, de 18 ou 16, qui se trouve responsable de 3 ou 4 autres enfants, comme le disait Arnaud en parlant d’un témoignage d’enfant. Donc il y a ces situations dans tous les coins du pays mais il y a des organisations comme les Eglises ou l’Etat, parce que l’Etat aussi est impliqué dans la vie de ces enfants et pour voir comment les intégrer dans des familles.

# J’aimerais simplement dire qu’on était très émus en vous entendant. Je ne sais pas si je parle pour tout le monde, mais j’imagine que c’est partagé puisque c’était très émouvant de vous entendre et on sent que vous avez vécu quelque chose, ça transparait très bien. Moi j’étais au Rwanda en même temps que vous et mon sentiment c’est que les rwandais sont comme les Suisses, ils sont très réservés et en même temps il y avait une volonté d’accueil très importante, qui fait qu’il y a des échanges intenses et il me semble que c’est cela qu’on entend aujourd’hui. Il y vraiment eu beaucoup d’échanges très importants, vous en avez gardé une trace très forte. J’avais envie de vous demander, je ne sais pas si c’est possible ou pas, mais est-ce que c’est possible de chanter quelque chose ?

(Constantin Bacha)

C’est vrai que l’idée était de prendre la guitare et de vous chanter le chant dont vous avez entendu un extrait avant, mais c’était trop émouvant. Par contre, on avait aussi appris un chant que vous connaissez peut-être, dont les paroles en anglais sont « God is so good ». On l’a appris en kinyarwanda et les paroles sont les suivantes : « Imana ni nziza, Imana ni nziza, Imana ni nziza ni nziza cyane ».

*** Moment de chant, entraîné par Eustache, les participants au voyage et accompagné du public ***

(Constantin Bacha)

Merci à Eustache de nous avoir conduits dans ce chant, merci à Emmanuel de nous l’avoir proposé. Il y avait encore des questions je crois.

# Oui en fait la réponse est venue entre temps, mais je voulais encore juste dire que je me réjouissais d’avoir des nouvelles de la grand-mère.

(Maëlle Bader)

Je ne sais pas si vous connaissez notre site internet du voyage, mais les textes de ce soir vont y arriver prochainement et puis quand on aura des nouvelles on les fera également parvenir par ce biais.

(Constantin Bacha)

Vous êtes les bienvenus pour le verre de l’amitié dans la salle du bas. Comme les jeunes l’ont dit plusieurs fois, nous sommes là pour vous montrer un peu un aspect des choses vécues, mais également pour vous dire grand merci pour votre soutien, grand merci d’avoir permis à nos jeunes de pouvoir partir vivre une expérience, une expérience de vie. Merci encore à vous.

Ah, il y a encore une question!

# Il n’y a plus de question, il y a peut-être juste une petite information. Je tiens à féliciter ce groupe, des jeunes qui sont dans les études, dans une formation, qui ont leur travail, qui ont peu de temps à leur disposition et qui ont trouvé le temps d’organiser ce voyage, d’avoir trouvé des idées pour gagner de l’argent, faire des pièces de théâtre, s’exercer les week-end ensemble et des soirées, aller vendre des choses à la place du marché pour gagner de l’argent, passer trois semaines là-bas et nous faire partager maintenant encore ces émotions, félicitations et merci beaucoup.

(Constantin Bacha)

Bravo à vous, ce sont vos enfants et vous pouvez être fiers d’eux.